Coucou ! C’est cool pour la robe, elle est vraiment parfaite :)
Bosse bien, et réussis tout ;)
Gros bisouuuuus. Big love ♥
Ahah, j’adore laisser des fins pareilles (a) ;)
Ahah, on verra ce que tout ça donne par la suite ;)
Je vais essayer de poster sous peu, mais mon stage commence lundi alors faudra voir quels sont mes horaires ^^
Merci Naomi
POV DOUGIE
J’ai énormément de mal à entendre les bruits qui m’entourent, je n’arrive pas à comprendre ce que Debbie me dit, tout n’est que bourdonnements. J’ai l’impression que ma tête risque d’exploser à tout moment.
Après avoir traversé quelques pièces, s’être lavés les mains et réglé toutes les précautions hygiéniques, nous arrivons devant une énorme vitre. Mon sang se glace dans mes veines. L’air me manque à la vue de ce corps inerte, allongé sur un lit aux draps immaculés, dans un salle aux murs tout aussi blancs. Je manque de m’écrouler sous cette sensation d’immensité. Le corps gisant au centre semble engloutit par toute cette pureté. Les seules choses qui me font réaliser que mes pieds sont toujours posés sur terre et non dans un quelconque couloir de la mort, sont les nombreux tuyaux s’échappant de mon meilleur ami. Un tube relie son bras à une machine produisant des ‘Bip’ insupportables et un autre lui entre dans la bouche et se termine je-ne-sais-où. Les pleurs étouffés de Debbie me ramène à la réalité et me font reprendre conscience que le monde continue de tourner.
- Il est réveillé ?
- Non, il est comme ça depuis ce matin.
- Il va se réveiller ?
- On ne sait pas. Il peut se réveiller demain, dans 6 mois ou … jamais.
Je prends le corps de cette femme qui m’a vu grandir dans mes bras. Je pense d’abord à la réconforter avant de me réconforter moi même.
- Je peux … ?
D’un hochement de tête, Debbie m’autorise à pénétrer dans cette pièce dont il me répugne de franchir le seuil. Je n’ai jamais été très fan des hôpitaux, de leur odeur aseptisée, de leur blancheur vomitive, des médecins acariâtres qui passe d’une chambre à l’autre sans se préoccuper des patients, des familles en larmes qui arpentent les couloirs en demandant des nouvelles de leurs proches. Si je devais choisir l’endroit que je déteste le plus au monde, je dirai sans doute un hôpital. Vraiment, rien qu’à l’idée de poser un pied dedans, je sens une boule au ventre naître. Toujours est-il, que je rentre dans la pièce mal à l’aise.
- Salut Tom.
J’esquisse un sourire malgré la situation en imaginant l’air stupide que je dois avoir maintenant. J’ai toujours trouvé ça, soit hilarant soit pathétique, les gens qui parlent à d’autres gens inconscients. Ils laissent toujours des blancs après leur phrase comme si leur interlocuteur pouvait leur répondre, et parfois même, ils font comme si celui-ci leur avait véritablement répondu. Comme je disais, j’ai toujours trouvé ça pathétique, mais étrangement, maintenant que je suis dans cette position, je suis plus empathique. Je comprends toute la détresse contenue dans cette tentative. C’est un genre de rédemption, s’excuser de tout ce qu’on a pu dire ou faire à cette personne avant qu’elle s’en aille. Une larme se met à couler sur ma joue à la simple pensée que Tom puisse un jour s’en aller avant que je n’ai pu m’excuser vraiment. Je pourrais m’excuser maintenant, mais les remords seraient toujours là, à moins que j’ai la preuve qu’il m’ait entendu, ce dont je doute.
- C’est Dougie, au cas où tu ne m’aie pas reconnu. Je ne t’en voudrais pas si tu ne me reconnaissais pas, après tout, ça fait un bail. En parlant de ça, je voulais vraiment que tu saches que je m’en veux énormément pour t’avoir laisser sombrer dude … Tu me connais, tu sais que je me sens horriblement con de parler à quelqu’un d’inconscient, mais je fais une exception, parce que c’est toi le quelqu’un d’inconscient.Tu m’en dois une hein, je fais ça pour toi, alors t’as intérêt à te réveiller pour me rendre la pareille … Je n’aurais jamais dû te laisser, laisse moi te le dire en personne, pitié, réveille toi. Je ne peux pas envisager de continuer sans toi. J’ai vécu 4 mois sans pouvoir te parler de la peine que je ressentais alors que je savais très bien que tu la partageais, et je ne veux pas à avoir à vivre le reste de ma vie avec ce même poids. C’est extrêmement égoïste ce que je suis en train de dire. Enfin, je veux dire, je comprends, je te comprends, tu as sans doute envie de tout lâcher maintenant, de rejoindre Gio, mais je te le dis, ce n’est pas du tout la bonne chose à faire. Tu verrais le monde qui t’attends dehors, tu serais déjà debout à l’heure qu’il est. Énormément de gens tiennent à toi Tom, moi le premier. J’ai vu Carrie tout à l’heure. Tu ne peux pas faire ça à ta petite sœur, ni à ta mère. Je ne l’ai même pas reconnu tellement ses traits sont déformés par la souffrance. Si tu ne le fais pas pour toi, fais le pour eux, pour moi … Et j’aimerai te présenter Lola. Elle ferait revenir n’importe qui du monde des morts … Je conçois que l’expression ne soit pas vraiment appropriée… Bref, tu la verrais, elle est magnifique. Je ne la connais depuis quoi ? Une semaine et demie, et elle a déjà changé ma vie. Tu dois la rencontrer, je t’assure.
Je suis resté assis à son chevet à parler pendant au moins 5 heures, sans m’arrêter. Je lui ai raconté les 4 mois passés sans lui. Je lui ai parlé de Gio. Je lui ai dit combien il comptait pour moi et pour sa famille. Et j’ai recommencé, encore et encore, dans l’espoir qu’il se réveille et me dise de me taire.
- Je vais chercher à manger, tu as intérêt à être réveillé quand je reviens hein.
Je n’en peux plus de pleurer depuis mon arrivée, je suis une vraie fillette. Je me demande où je puise toutes ces larmes, je devrais être desséché depuis le temps !
- Je t’aime Tom. Reviens.
J’arrive à articuler ces quelques mots avant de trouver le courage de me lever de ma chaise.
Dans la salle d’attente privée, Carrie est endormie sur une chaise, la tête sur les cheveux de sa mère. Elle a dû rentrer se doucher et se changer, elle a meilleure mine que tout à l’heure. Sa mère me sourit tristement et continue à caresser les cheveux de sa fille. Je tourne la tête et aperçois sa silhouette angélique. Ses cheveux blonds descendent en cascade jusqu’au creux de ses reins. Elle me tourne le dos. Elle est en train de tapoter le dos de Bob, le père de Tom. Ils ont l’air d’être en pleine conversation. Je me dirige vers le distributeur de friandises et réfléchis intensivement à celle que je vais choisir. Je n’arrive tout simplement pas à jeter mon dévolu sur une en particulier donc je décide de les prendre toutes. Je sens alors deux bras m’enlacer la taille et sa tête se poser dans le creux de mes omoplates. Je me retourne et ma magnifique colocataire se dresse sur la pointe des pieds pour me déposer un baiser chaleureux, tendre et revigorant. Je la serre dans mes bras, elle est la seule bonne chose qui me soit arrivée ces derniers temps, elle est un peu ma bouée de sauvetage.
- Je ne sais vraiment pas ce que je ferais sans toi à cet instant.
Ces mots sont sortis tout seuls. Je n’ai rien contrôler. Je vois sa mine légèrement étonnée se détendre et me sourire.
- Comment ça s’est passé ?
- Ni mal, ni bien. Juste comme aurait pu se passer un monologue. Ca fait du bien de le revoir, mais ça fait mal de le voir dans cet état là. C’est plutôt agréable de pouvoir lui parler mais c’est horriblement cruel de subir le fait qu’il ne puisse pas répondre. Il faut qu’il se réveille Lola, il le faut vraiment.
- Il se réveillera … j’en suis persuadée.
Nous retournons nous asseoir. Nous ne sommes à présent que 5 dans la salle d’attente, il doit être autour des 20 heures et tout le monde est rentré chez soi. Seuls ses parents et sa sœur sont restés. Et nous.
- J’ai fais la connaissance de Danny tout à l’heure …
- DANNY ? Il était là ? Pourquoi personne ne m’a rien dit ?
- On ne voulait pas, tu semblais vraiment bouleversé tu sais, personne ne voulait en rajouter une couche.
- Et il va bien ? Qu’est ce qu’il a dit ?
- Oh oui il va bien, aussi bien que la situation puisse le permettre. Au premier abord, il peut être un peu agaçant, mais il a l’air d’être un mec en or. Il s’est évertué à faire rire tout le monde alors qu’il était au bord des larmes à chaque fois qu’un médecin franchissait la porte. Nous avons eu le temps de parler, et je pense qu’il regrette d’être parti, sans donner de nouvelles je veux dire. Il m’a aussi dit qu’il avait voulu faire son deuil de son côté car le groupe lui rappelait trop Giovanna et qu’il n’aurait pas pu le faire en restant … Je suis sûre que tu lui manques, il n’a pas arrêter de me poser des questions sur toi, pour savoir comment tu allais, ce que tu devenais. Avec Harry, nous ne savions plus où donner de la tête …
- Attends Harry était là aussi ? Pourquoi personne ne m’a prévenu ?
- On pensait qu’il vous fallait un moment, rien qu’à vous, Tom et toi. Harry est arrivé peut-être 10 minutes après nous, alors que j’étais en train d’essayer de me débarrasser de Danny qui n’arrêtait pas de me faire tous ses numéros de charme …
- Ahah, il n’a pas changé !
- Il m’a présenté à tout le monde, ce qui était plutôt cool, parce que je me sentais un peu perdue au milieu de tous ces inconnus …
- Je suis désolé, j’aurais du resté avec toi …
- Non, non, pas du tout ! Tu as bien fait d’aller voir Tom, je le vois que ça t’a fait du bien. Donc voilà, tu sais à peu prés tout. Ah, et Danny va surement revenir … juste pour que tu sois émotionnellement prêt.
- Oh. D’accord.
Je ne me sens pas vraiment prêt à affronter un deuxième choc affectif aujourd’hui, mais Lola arrive à me rassurer … un peu. Je réussis à lui raconter ce que j’ai pu ressentir dans cette pièce sans vie pendant ces quelques heures. Je ne ressens aucune gêne, aucun malaise à parler de mes sentiments. Pas avec elle. Elle ne juge pas, elle se contente d’écouter, d’acquiescer, de rajouter des commentaires de temps à autres et des mots rassurants. Elle dégage une telle paix, s’en est irréel. Je n’ai jamais voulu m’engager auprès de quelqu’un, faire des projets ce n’est pas pour moi. Mais je me sens tellement bien avec Lola, que je serais prêt à réviser mon avis sur la question. Je ne suis pas amoureux, oh ça non loin de là. Je me sens juste bien, et dans mon cas, il s’agit d’un pas de géant.
Les minutes défilent sur l’unique horloge de la pièce. Nous nous levons brusquement dès que la porte s’ouvre. Parfois il s’agit de docteurs venus se tenir au courant de l’état de Tom, parfois il s’agit de membres de la famille qui reviennent, apporter à manger ou leur soutien, mais cette fois ci, il s’agit d’un visage familier bien qu’étranger depuis trop longtemps. Danny. Il est revenu. Il franchit la porte à battants gardée par les deux colosses mais s’arrête subitement après avoir croisé mon regard. J’ai épuisé mon stock de larmes et de démonstrations de faiblesse pour dix ans au moins, c’est pourquoi je ne fléchis pas. J’ai juste ce stupide sourire qui se forme aux coins de mes lèvres. J’avance d’un pas et je n’ai même pas le temps d’y penser que Danny a déjà parcouru la distance qui nous séparait et m’étreint fortement. Quand je réalise que je suis actuellement dans les bras d’un de mes meilleurs amis, je ris comme je n’ai pas ris depuis longtemps. Je suis tellement heureux à cet instant que les mots sont vains. Nous nous regardons comme des idiots, nous rions, puis nous retombant encore dans les bras l’un de l’autre.
Une fois remis de nos émotions, nous nous appliquons à nous raconter les moindres détails de notre vie durant ces 7 derniers mois. Je sens qu’il a compris que sa volatilisation dans la nature m’avait énormément blessé, mais je ne lui en veux plus, je suis heureux de l’avoir retrouvé et c’est ce qui compte. Notre conversation est des plus animées, entre ses exploits en tant que DJ, et le quotidien de la moitié d’année que nous n’avons pas passé ensemble. J’essaye de ne pas tenir Lola à l’écart, mais elle ne semble pas me tenir rigueur des longs moments où je ne m’adresse pas à elle. Elle sourit de temps à autres, rit aux blagues de Danny et parle un peu avec Carrie. Danny est en train de me raconter une soirée de folie à Ibiza quand une alarme retentit et une demi-douzaine de médecins accourent. Tout le monde dans la salle se lève anxieusement.
- Mon fils ! Qu’est ce qu’il se passe ? Dites moi !
- Madame calmez vous, restez ici, nous vous tiendrons au courant dès que nous aurons du nouveau, maintenant laissez nous faire notre travail.
Je prends Debbie par les épaules et l’emmène hors du trajet des docteurs. Une demi-heure. Une heure. Deux heures plus tard, deux médecins sortent du couloir menant à la chambre de Tom, et au milieu d’un monologue complexe où ils emploient des noms incompréhensibles, je perçois une phrase qui me glace les veines. Une phrase qui me retourne les boyaux. Une phrase que jamais je n’aurais pensé entendre.
- Madame, le cœur de votre fils s’est arrêté de battre …
Si, du point de vue de Dougie aussi, pas de celui de Lola, ça change un peu quoi :/

♥
Ahah. Oui capitaine ;)
Désolée :/ J’ai fait de mon mieux pour l’écrire avant ce soir, je commence d’ors et déjà la suite :)
Si c’est trop petit : Ctrl et + , je peux pas changer et j’aime trop le thème :/ ♥
- Hello beauty !
Je sens la chaleur de son souffle me réchauffer le cou. Je ferme les yeux et essaye d’apprécier ce moment baigné de magie. Je ne peux malgré tout pas m’empêcher de penser à l’étrangeté de ces gestes. Je me sens bien, ça oui, mais je ne trouve pas ça … naturel.
Je sens son poids affaisser le canapé à côté de moi et sa tête se poser sur mon épaule. Je souris et réponds à son geste d’affection en lui passant la main dans les cheveux.
- Bien dormi ?
- Ça faisait bien longtemps que je n’avais pas dormi aussi bien.
Il s’empare de mes lèvres, et je me sens pousser des ailes, littéralement. Les papillons si longtemps endormis dans le bas de mon ventre, se remettent à virevolter et à danser au rythme des ses baisers. J’en oublie même l’étrangeté que la situation m’inspirait il y quelques minutes.
Nous avons passé la plus grande partie de la matinée à regarder la télé, à s’embrasser, les jambes entrelacées. Mais à l’heure des News, nous sommes interrompus au beau milieu de nos activités de “nouveau couple” si je peux nous décrire ainsi.
“Une nouvelle toute fraîche vient de nous parvenir. Il semblerait que le fameux chanteur et ex-leader du groupe Mcfly ait succombé à une overdose ce lundi matin à 05h30. Sa mort n’a pas été officiellement établie mais il semblerait qu’il ne reste aucun espoir. Nous sommes vraiment très attristés par cette nouvelle et nos pensées vont bien évidemment à sa famille et à ses amis”.
J’ai senti Dougie se redresser instantanément lorsque la présentatrice a prononcé le nom de son meilleur ami. J’ai vu ses larmes couler le long de ses joues. J’ai vu son expression changer du tout au tout à lors de la diffusion des photos retraçant la vie de l’artiste. A la fin du reportage spécialement monté pour l’évènement, Dougie se retourne lentement vers moi, comme s’il ne croyait pas à tout ce qui venait de se passer, comme si tout lui semblait improbable … irréel.
- Ce n’est pas possible.
Ce sont les seuls mots qu’il arrive à articuler avant de s’effondrer dans mes bras pris d’une crise d’angoisse comme je n’en avais jamais vu avant. J’essaye de le rassurer, de le calmer, mais quoi que je dise, rien ne sera suffisant pour apaiser la peine qui s’empare de lui.
- Ils ont dit que rien n’avait été officialisé. Il y a une chance qu’il soit encore vivant, je ne dois pas passer à côté, je ne dois pas perdre espoir, je dois aller le voir …
Ses sanglots redoublent de plus belle.
- … au moins pour lui dire au revoir.
Je me lève sans lui demander son avis et le prends par la main. J’attrape les clés posées sur le bar à côté de la porte d’entrée. En moins de 2 minutes, nous sommes tous les deux assis à bord de ma Ford Mondeo aussi vieille que le monde.
- Nous allons faire tous les hôpitaux de Londres s’il le faut, mais nous allons le trouver ! Je te le promets.
L’espace d’un instant, ses yeux s’illuminent de gratitude. Il n’a pas besoin de me remercier, je ressens un aura de reconnaissance qui émane de mon passager. Les quelques dixièmes de secondes qu’ont duré ce moment, m’ont paru une éternité, mon coeur tout chamboulé s’est retourné dans ma poitrine. Je m’interdis cependant de penser à ses sentiments naissants ou quoi que ce soit d’autre.
- Je sais où il est …
Je lui jette un regard “Tu n’aurais pas pu le dire plus tôt histoire que j’évite de me ridiculiser ?!”
- … mais ça partait d’une bonne intention. Merci.
- Bon maintenant cessons les tergiversations, dis moi où aller.
- Saint-Thomas’ Hospital … Il n’aurait pu aller que là.
Nous arrivons devant ce bâtiment. C’est tout ce qu’il y a de plus banal. A vrai dire s’il n’y avait pas écrit “St Thomas’ Hospital” sur la façade et si toutes les ambulances jaunes ne convergeaient pas vers lui, j’aurais pu passer à côté sans détourner la tête. Mais voilà, je ne passe pas juste à côté, j’essaye de nous frayer un chemin parmi tous ces gens, patients, familles ou médecins, qui se bousculent dans les couloirs.
A un instant, ma main lâche celle de Dougie qui s’est appuyé contre un mur immaculé.
- Qu’est ce qu’il passe ? T’arrêtes pas maintenant, un infirmier vient de m’indiquer l’accueil !
Ses mains caleuses essayent de maintenir ses jambes qui tremblent d’une façon inhabituelle.
- Et si l’accueil me dit que j’arrive trop tard, je fais comment moi ?
Je discerne de la tristesse dans sa voix, bien entendu, mais aussi une pointe de colère. Colère qu’il dirige, peut-être involontairement, contre moi. Je hausse les épaules afin de lui montrer mon impuissance.
- Il n’y a rien qu’on puisse faire à part essayer.
Je reprends sa main mais il se dégage et me fait signe de continuer à avancer. Au fond de moi, je sais très bien qu’il n’est pas dans son état normal et qu’il ne sert à rien de faire des reproches. De toutes façons, je n’ai aucun reproches à faire, je sais trop bien ce que c’est de vivre cette situation.
Nous arrivons au fameux accueil et je demande à l’infirmière en service si elle peut nous rediriger vers la chambre de Tom Fletcher. Dougie n’a pas eu la force de demander, il a préféré s’asseoir sur une chaise non loin du bureau et mettre sa tête dans ses mains en attendant que ce moment infernal se termine. De la manière la plus désagréable possible et sans même prendre la peine de relever la tête de son écran d’ordinateur, l’aide-soignante me rétorque que …
- … les visites à Mr Fletcher sont limitées à la famille et ses amis proches sous autorisation d’un membre de la famille.
- Mais nous sommes des amis! Vous ne le reconnaissez pas ? C’est Dougie, Dougie Poynter, un membre du groupe Mcfly !
- Ecoutez mademoiselle, j’ai quinze heures de service derrière moi, non je ne reconnais pas ce jeune homme et quand bien même, ce n’est pas à moi que revient le droit d’autoriser les visites … Et vous croyez sérieusement que vous êtes la première jeune fille à essayer de se frayer un passage auprès de Mr Fletcher ? Maintenant si vous voulez bien, reculez ou j’appelle la sécurité.
Je commence à répliquer à cette dernière ma façon de penser d’une façon fort peu sympathique et avec des mots … eh bien … forts peu catholiques, quand la voix - ou plutôt le cri - de Dougie me parvient :
- CARRIIIIIIIIIIIIIIE !
Je vois alors Dougie courir dans la direction de la jeune fille aux magnifiques cheveux blonds bouclés. J’assiste à une scène qui pourrait briser le coeur de Lucifer en personne. La jeune fille, qui ne doit même pas avoir dépassé la vingtaine, se retourne vers Dougie. J’aperçois des yeux rougis par les larmes à l’image de sa jolie robe à pois complètement froissée et sans forme. Je la vois s’effondrer dans les bras de mon colocataire, enfouissant sa tête blonde dans son cou, je vois Dougie lui rendre son étreinte tout en essayant de maintenir des larmes terriblement dures à refouler. D’où je suis je ne peux pas entendre toute la conversation, seules des bribes me parviennent …
- … vivant … longtemps … sécurité … endormi … famille … viens.
Puis Dougie me fait, d’un mouvement de tête, signe de le suivre. Nous marchons tous les trois en silence le long d’un couloir qui comparé au couloir principal semble désert. Arrivés à une grande porte à battants, deux colosses nous arrêtent. D’un seul signe de Carrie, les deux géants s’écartent et nous ouvrent les portes. Je ne me sens pas très à l’aise en débouchant dans cette grande pièce remplie de gens effondrés, surement la famille et les amis de Tom. Dougie me glisse à l’oreille un “je reviens” avant de poursuivre sa route accompagné d’une dame relativement âgée qui, d’après ce que j’ai entendu, répond au nom de Debbie. Je repère une machine à café dans un coin à ma droite et me dirige donc vers elle, pour m’éloigner de cette assemblée. Non pas que je sois antisociale, je ne me sens juste pas à ma place. Je savoure le liquide chaud et sucré qui coule dans ma gorge en fermant les yeux.
- Tu es une amie de la Sylvia Young ? Je ne t’ai jamais vu, ou sinon je pense que je m’en serais rappelé …
Je dévisage mon interlocuteur d’une façon très peu amicale. Quel imbécile pourrait draguer une fille dans une telle situation ?
- Moi c’est Danny … et toi ?
J’ai la réponse à ma question.